Corruption, conflits d'intérêts : la face cachée du tramway?

Pendant que les bus de campagne électorale sillonnent le Québec, un seul chef a osé se présenter devant l'Assemblée nationale pour donner une allocution aux manifestants rassemblés contre le mégaprojet de tramway. Pendant ce temps, une multinationale française déjà condamnée pour corruption empoche le contrat du matériel roulant, la Caisse de dépôt détient près d'un cinquième de ses actions, et la facture, elle, pourrait grimper jusqu'à 15 milliards de dollars.

Devant l'Assemblée nationale, la coalition 76 était de retour samedi pour réclamer un référendum sur le tramway et la suspension des travaux tant que les soumissions des consortiums n'auront pas été rendues publiques. Mais c'est surtout l'absence des chefs de parti qui a marqué les esprits. « On a vu tous les autobus arriver... Non, malheureusement, on n'a vu que l'autobus à Éric Duhaime. Ça, ça me déçoit vraiment », a lancé un des manifestants, dénonçant le silence des libéraux, du PQ et de Québec solidaire sur un projet « qui va exploser à 10, 12, 15 milliards ».

Éric Duhaime, seul chef présent, n'a pas mâché ses mots : « Le Parti conservateur du Québec veut et doit être la voix des gens, de la majorité des gens de Québec qui ne veulent pas du tramway à Québec. »

Mais le vrai malaise dépasse la politique partisane. Alstom, la multinationale derrière le matériel roulant, a été condamnée en 2019 dans un stratagème de corruption lié à l'ex-dictateur tunisien Ben Ali, de l'argent qui aurait transité par Montréal. Un intervenant a posé la question qui dérange : « Qui est le vrai master of the keys derrière? » Martine Ouellet, de Climat Québec, vise directement la Caisse de dépôt et placement, qui détient 19 % d'Alstom : « C'est du conflit d'intérêts. »

Doris Chabot, de Québec mérite mieux, a rappelé le pot-de-vin de 250 millions révélé lors d'une commission d'enquête à Ottawa, ajoutant : « Il y a des gens dont la retraite est amputée parce qu'on donne des pots-de-vin pour avoir des contrats. »

« Écoutez, là, je ne négocierai pas », a tranché Duhaime, promettant de ne pas céder si son parti détient la balance du pouvoir.

Le rendez-vous final : juin 2027, quand CDPQ Infra dévoilera la facture réelle du projet.

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Nous demandons la suspension immédiate des travaux du tramway de Québec tant que le financement n’est pas entièrement sécurisé et que toutes les approbations finales ne sont pas obtenues. Compte tenu des coûts qui explosent, des impacts majeurs sur les citoyens et du manque de transparence, une réévaluation indépendante et complète du projet s’impose. Nous exigeons d’être entendus par un véritable processus de consultation publique avant toute poursuite de ce projet.

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Alexandra Lavoie

Quebec based Journalist

Alexa graduated with a degree in biology from Laval University. Throughout her many travels, she has seen political instability as well as corruption. While she witnessed social disorder on a daily basis, she has always been a defender of society’s most vulnerable. She’s been around the world several times, and now joins Rebel News to shed light on today’s biggest stories.

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