CHOC : « Ils veulent nous assimiler » — la fondatrice d’une association musulmane décrit le Québec comme une société décadente
Une publication sur les réseaux sociaux dénonçant une soi-disant « assimilation » et décrivant la société québécoise comme moralement corrompue a suscité une vague d’indignation ces derniers jours. Fatima Aboubakr a dénoncé la publication de Hadjira Belkacem, fondatrice et présidente de l’Association pour l’inhumation musulmane au Québec.
Il y a quelques jours, Hadjira Belkacem, fondatrice et présidente de l’Association pour l’inhumation musulmane au Québec, a publié un message sur les réseaux sociaux qui a rapidement déclenché la controverse. Présenté comme un rejet de « l’assimilation », le message dressait un portrait sévère de la société québécoise, l’associant à l’abus d’alcool, aux relations sexuelles occasionnelles, à l’éclatement des familles et à l’abandon des aînés. La réaction ne s’est pas fait attendre.
Parmi les personnes qui ont réagi figure Fatima Aboubakr, une femme musulmane d’origine marocaine qui affirme être venue au Québec « à la recherche de la laïcité, de l’égalité entre les sexes et de la liberté de conscience ».
Au départ, elle a hésité. « D’abord, j’ai vu la publication et je ne voulais pas réagir, explique-t-elle. J’ai été choquée en la voyant, mais j’ai essayé de l’ignorer. » Sa décision a changé lorsqu’elle a pris conscience de l’influence de l’auteure. « Quand j’ai vu que cette femme est l’une des dirigeantes ou fondatrices d’une association comptant 50 000 membres, là je me suis dit non — je dois répondre, parce que cela ne peut pas rester sans réponse. »
Aboubakr qualifie la publication d’« intimidation verbale dirigée contre la société qui l’a accueillie », ajoutant sans détour : « Ce que cette femme dit, ce sont des mensonges; ce qu’elle raconte n’est pas vrai. »
Selon elle, cette critique s’effondre face à une question fondamentale : « Si tout ce qu’elle mentionne ne sont que des points négatifs à propos du Québec… pourquoi est-elle ici ? »
S’appuyant sur sa propre expérience, Aboubakr oppose le Québec aux sociétés que de nombreux immigrants quittent. « La seule différence, c’est que chez nous, tout se fait en cachette, dit-elle. Ici, au Québec, on assume nos choix… on les fait au grand jour, devant tout le monde, » ce qui permet à la société d’intervenir lorsque des préjudices apparaissent.
Elle se montre particulièrement ferme sur la question des droits des femmes. « Dans sa société, en tant que femme, elle ne peut pas marcher 50 mètres dans la rue sans être harcelée ou intimidée, » affirme Aboubakr, dénonçant les violences faites aux femmes qu’elle décrit comme « tellement normalisées que les femmes les subissent en silence ».
Au-delà d’une simple publication, Aboubakr s’inquiète des enjeux d’intégration. « Tous les efforts que nous faisons pour l’intégration — elle les détruit. Avec une seule publication, elle les détruit. » Sa vision est tout autre : « Nous voulons des Québécois de toutes les confessions, de toutes les nationalités, de toutes les origines, unis autour du projet : “Nous sommes Québécois.” »
Alexandra Lavoie
Quebec based Journalist
Alexa graduated with a degree in biology from Laval University. Throughout her many travels, she has seen political instability as well as corruption. While she witnessed social disorder on a daily basis, she has always been a defender of society’s most vulnerable. She’s been around the world several times, and now joins Rebel News to shed light on today’s biggest stories.