Un expert affirme que le Canada « est en retard » dans l’accès aux sachets de nicotine
Pour le Dr Pascal Michel, la voie à suivre est simple : donner aux adultes des options plus sûres et aligner le Canada sur les avancées scientifiques internationales.
Le Canada demeure l’un des seuls pays occidentaux où les sachets de nicotine — une alternative sans fumée, largement disponible ailleurs dans les stations-service, supermarchés et en ligne — sont traités presque comme une substance contrôlée et uniquement vendus en pharmacie.
Pour comprendre pourquoi, nous avons parlé au Dr Pascal Michel, gestionnaire principal de l’engagement scientifique chez Rothmans, Benson & Hedges Canada, une filiale de PMI Science.
Selon le Dr Michel, les Canadiens connaissent très peu ces produits à risque réduit.
« Les gens sont très mal informés à propos des différents produits nicotiniques à moindre risque disponibles au Canada », explique-t-il, soulignant que l’accès à des informations de base est « très, très, très faible ».
Contrairement à l’Europe, où les sachets de nicotine sont monnaie courante, « au Canada, l’utilisateur doit se présenter devant un pharmacien pour obtenir le produit ».
Scientifiquement, Michel insiste : la différence de risque entre fumer et utiliser un sachet de nicotine est immense.
« Quand vous fumez une cigarette… c’est réellement dangereux pour votre santé », dit-il. En comparaison, un sachet de nicotine présente « un risque comparable à celui des petites gommes Nicorette ».
Le produit lui-même est simple : « Un petit sachet… contenant de la nicotine de qualité pharmaceutique et quelques arômes. »
Alors pourquoi le Canada est-il à la traîne ? Michel est direct : « Le Canada est quelque peu en retard dans l’adoption… des produits sans fumée. »
Alors que d’autres pays réglementent les sachets comme des produits de consommation, le Canada les traite strictement comme des aides à la cessation, ce qui limite fortement le choix. Résultat : « l’accès… est très limité », et une seule marque, Zonnic, est actuellement autorisée.
Les comparaisons internationales suggèrent que le Canada manque une occasion majeure en santé publique. Michel souligne l’exemple de la Suède, où l’utilisation massive de produits nicotiniques sans fumée a conduit à « une réduction incroyable » des cancers du poumon. Il y voit la preuve que les produits à risque réduit peuvent aider le Canada à atteindre l’objectif mondial de « moins de 5 % de fumeurs ».
Mais pour y arriver, il faudra du courage réglementaire.
« Nous avons beaucoup de travail à faire », avertit Michel, évoquant à la fois les politiques restrictives et la montée des marchés illicites comme obstacles majeurs.
Les Canadiens peuvent légalement acheter des cigarettes, de l’alcool, du cannabis et des vapoteuses — mais doivent demander à un pharmacien pour des sachets de nicotine. Pour Michel, la solution est simple : offrir aux adultes des options plus sûres et aligner le pays sur la science internationale.
Alexandra Lavoie
Quebec based Journalist
Alexa graduated with a degree in biology from Laval University. Throughout her many travels, she has seen political instability as well as corruption. While she witnessed social disorder on a daily basis, she has always been a defender of society’s most vulnerable. She’s been around the world several times, and now joins Rebel News to shed light on today’s biggest stories.