Menaces de mort présumées à Montréal : inquiétudes face au « catch-and-release »
Oualid Chbichib, citoyen canadien d’origine tunisienne, aurait proféré des menaces de mort à l’encontre du propriétaire et des employés d’un commerce juif. Alexa Lavoie s’intéresse à la manière dont le passé troublé de cet homme illustre les risques que représentent les politiques de « libération sous conditions » pour la sécurité publique.
Un incident récent à Montréal soulève de sérieuses questions quant à la sécurité publique et à la gestion, par le système judiciaire, des récidivistes souffrant de troubles mentaux.
En novembre 2024, Oualid Chbichib, naturalisé canadien en 2004, serait entré dans un commerce appartenant à un Juif et aurait menacé de mort le propriétaire ainsi que des employés.
Chbichib n’en est pas à ses premiers démêlés avec la justice. Dans une affaire antérieure, il avait été arrêté pour avoir, selon les allégations, agressé un policier avec un couteau de cuisine. Il avait finalement été déclaré non criminellement responsable en raison de troubles mentaux.
Une évaluation psychiatrique produite en 2021 par l’Institut Pinel de Montréal relevait que Chbichib semblait obsédé par les Juifs. Le rapport indiquait qu’il aurait confié aux policiers qu’un agent de la GRC lui avait conseillé de se munir d’un couteau pour se défendre contre eux.
Il prétendait également être le « chef des musulmans » et disait craindre pour sa vie. Bien qu’il ait refusé de rencontrer un psychiatre à l’époque, un criminologue avait averti que le risque de violence demeurait, en particulier en lien avec son sentiment de persécution.
À la suite des menaces les plus récentes, la cour a ordonné une nouvelle expertise psychiatrique afin de déterminer s’il est apte à subir son procès. Cette affaire met en lumière un dilemme
récurrent : malgré les avertissements répétés concernant ses tendances violentes et son obsession pour les Juifs, Chbichib continue d’être remis en liberté dans la communauté.
Il a reconnu vivre en logement subventionné et recevoir de l’aide sociale, ce qui couvre la plupart de ses dépenses. En 2022, il a comparu devant le Tribunal administratif du logement du Québec pour non-paiement de loyer.
Bien qu’il affirme que son plus récent geste n’ait aucun lien avec le conflit au Moyen-Orient et soutienne ne nourrir aucune animosité envers les Juifs, les menaces alléguées ont coïncidé avec une manifestation anti-Israël qui se déroulait à proximité du commerce ciblé.
Les victimes affirment que la police ne les a jamais informées des antécédents criminels ou psychiatriques de Chbichib, les laissant dans l’ignorance quant au danger potentiel.
Dans un contexte de montée de l’antisémitisme à Montréal, les membres de la communauté craignent les conséquences si des individus connus pour leur violence et leur obsession envers les Juifs ne sont pas encadrés de manière adéquate. Reste à savoir : quelles mesures les autorités mettent-elles en place pour protéger le public contre de tels cas répétés ?
Alexandra Lavoie
Quebec based Journalist
Alexa graduated with a degree in biology from Laval University. Throughout her many travels, she has seen political instability as well as corruption. While she witnessed social disorder on a daily basis, she has always been a defender of society’s most vulnerable. She’s been around the world several times, and now joins Rebel News to shed light on today’s biggest stories.