Menaces de mort : le dossier disparaît sans explication
Un ancien candidat au conseil municipal de Montréal qui avait publié des messages appelant à « tuer » des personnes et des politiciens affirme avoir été arrêté, accusé et soumis à une ordonnance de non-publication — avant que son dossier ne disparaisse finalement sans aucune explication publique.
Pendant la campagne électorale municipale de Montréal, Rebel News avait révélé des publications de Sergio Da Silva, candidat de Transition Montréal, propriétaire d’un bar et collaborateur de Cult MTL.
Da Silva avait notamment écrit : « Murder your local transphobe » (« Tuez votre transphobe local ») et « If any politician talks about anything other than ways to fix the cost of living, simply murder them » (« Si un politicien parle de quoi que ce soit d’autre que des moyens de régler le coût de la vie, tuez-le tout simplement. »)
Da Silva est récemment apparu sur un balado, où il s’est présenté comme la victime d’une campagne de salissage. Il affirme que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) l’a contacté environ une semaine avant l’élection pour lui ordonner de se livrer. Selon lui, il a été arrêté relativement à des présumées menaces de mort publiées en ligne et est demeuré soumis à des conditions de remise en liberté ainsi qu’à une ordonnance de non-publication jusqu’au 2 juillet.
Da Silva soutient que les journalistes ont mal interprété ses propos, affirmant qu’il s’agissait d’hyperboles politiques et non de véritables menaces.
Mais qualifier des appels explicites au meurtre d’« hyperboles » n’en efface pas le sens — ni le fait que certaines personnes puissent les interpréter comme un encouragement à commettre des actes de violence.
Plus troublant encore, Da Silva affirme que les poursuites ont finalement été abandonnées. Il sollicite maintenant des dons pour couvrir plus de 6 000 $ en frais juridiques, une campagne de financement qui aurait permis d’amasser environ 9 000 $ en seulement deux jours.
Rebel News a contacté le SPVM ainsi que le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Le service de police a renvoyé les questions au DPCP, qui a répondu qu’aucune information publique n’était disponible concernant ce dossier.
Les directives du DPCP précisent que les motifs justifiant la décision de ne pas poursuivre une affaire sont généralement confidentiels, sauf si leur divulgation est jugée nécessaire afin de préserver la confiance du public.
Mais comment le secret peut-il renforcer la confiance du public dans un dossier impliquant de présumées menaces visant des politiciens et des membres du public?
D’autres dossiers à caractère politique se sont également soldés par un abandon des procédures sans explication véritable, notamment des affaires liées à des attaques contre une église et à l’intimidation de journalistes.
Les Canadiens sont en droit d’obtenir des explications lorsque les procureurs abandonnent des poursuites concernant de présumés actes de violence politique, des menaces ou des attaques visant la participation démocratique. De telles décisions ne devraient pas simplement disparaître derrière des portes closes.
Alexandra Lavoie
Quebec based Journalist
Alexa graduated with a degree in biology from Laval University. Throughout her many travels, she has seen political instability as well as corruption. While she witnessed social disorder on a daily basis, she has always been a defender of society’s most vulnerable. She’s been around the world several times, and now joins Rebel News to shed light on today’s biggest stories.