« On n’est pas des criminels » : des propriétaires d’armes manifestent à Québec
Devant l’Assemblée nationale du Québec, des centaines de propriétaires d’armes à feu légalement acquises et leurs sympathisants se sont rassemblés pour dénoncer le programme fédéral de rachat des armes à feu — et la collaboration du gouvernement du Québec avec Ottawa.
Venus de partout au Québec, et même d’autres provinces, les manifestants affirment être des citoyens respectueux des lois qui se sentent injustement ciblés. « Ça fait 40 ans que j’ai des armes à feu, j’ai toujours été un bon citoyen… et aujourd’hui, j’ai l’impression d’être du mauvais côté de la clôture », confie un participant. « Je suis un père de famille, un grand-père, je travaille et je paie mes taxes », renchérit un autre.
Plusieurs dénoncent ce qu’ils considèrent comme une confusion entre criminels et détenteurs légaux de permis. « On n’est pas des criminels. Tout le monde le sait : la majorité des crimes sont commis avec des armes illégales », affirme un manifestant. « Les criminels utilisent des armes de contrebande, souvent venues des États-Unis. Pourquoi s’attaquer aux propriétaires légaux? »
Au cœur de la mobilisation se trouve le programme de rachat annoncé en 2020, qui prévoit l’interdiction de certains modèles d’armes. Les participants dénoncent une mesure qu’ils jugent coûteuse et inefficace. « Le seul “crime” qu’on a commis, c’est d’avoir acheté des armes qui étaient légales, puis de les voir devenir illégales du jour au lendemain », explique un intervenant.
Selon Nicolas Gagnon, directeur Québec de la Fédération canadienne des contribuables, la politique pourrait coûter « jusqu’à 6 milliards de dollars » en frais administratifs.
D’autres évoquent une question de principe. « On nous traite comme si on était dangereux, alors qu’on suit toutes les règles et qu’on est vérifiés par la GRC », déplore un participant.
Le choix de manifester à Québec plutôt qu’à Ottawa se veut aussi stratégique. « Le Québec est la seule province qui a accepté de collaborer avec le fédéral pour appliquer le rachat des armes à feu. C’est pour ça qu’on est ici », explique l’un des organisateurs, Guy Morin.
Malgré la frustration exprimée, plusieurs assurent vouloir faire entendre leur voix pacifiquement. « On est ici pour revendiquer nos droits et montrer la réalité des propriétaires d’armes à feu légaux », résume un manifestant. « On veut simplement être entendus. »
Alexandra Lavoie
Quebec based Journalist
Alexa graduated with a degree in biology from Laval University. Throughout her many travels, she has seen political instability as well as corruption. While she witnessed social disorder on a daily basis, she has always been a defender of society’s most vulnerable. She’s been around the world several times, and now joins Rebel News to shed light on today’s biggest stories.