« Ce n’est plus la France » : Paris après les émeutes
Une semaine après qu’une manifestation étudiante a dégénéré en pillages et en incendies partout en France, Alexa Lavoie s’est rendue place de la République pour demander aux Parisiens qui a fait ça et ce qui s’en vient.
La reporter de Rebel News Alexa Lavoie était à Paris le 24 octobre, près de la place de la République. Le samedi 17 octobre, une manifestation étudiante y a tourné à l’émeute : des commerces ont été pillés et incendiés à Paris et dans d’autres villes de France.
Une femme qui habite le quartier a dit soutenir la marche, mais pas les pilleurs. « J’étais surtout triste pour les commerçants », a-t-elle dit. Un homme a dit comprendre la colère, mais pas la destruction. « Ils volent des baskets, ils volent de l’alcool, ils cassent le PMU d’à côté. Il faut gueuler, mais pas comme ça. »
Un homme âgé qui a servi dans une unité de commandos dans les années 1950 a raconté qu’à l’époque, on ouvrait le feu. « Il y a eu des morts, d’accord, mais ils n’ont pas recommencé. »
Quand on leur demande qui a pillé, les avis se divisent. « Des gens en colère, des gens pauvres », a dit un résident. « Personne ne vole par plaisir. » Un homme plus âgé n’était pas d’accord. « Ce sont des gens d’ailleurs, madame. Des gens qui sont là pour tout casser. »
Beaucoup des pilleurs qu’on voit dans les vidéos en ligne semblent être des immigrants ou des immigrants de deuxième génération. Un homme de gauche a pointé la pauvreté et les cités isolées. « Ils ne s’assimilent pas parce qu’on refuse de les laisser s’assimiler », a-t-il dit. Un autre a dit que la France a « un vrai défi d’intégration ». Un homme âgé a dit n’avoir rien contre les immigrants qui viennent travailler, mais que les Français « en ont marre de payer pour des gens qui ne veulent pas travailler ».
Alexa a aussi demandé ce que ça veut dire, être Français. « Manger du pain et du saucisson », a répondu une femme. « Être Français, c’est aimer la France », a dit un homme. Quand Alexa a évoqué la possibilité que les Français deviennent minoritaires, un résident a répliqué. « Le Français de souche, ça n’existe pas. Remontez quatre ou cinq générations et tout le monde a du sang étranger. » Un homme âgé voyait les choses autrement. « Ce n’est plus la France d’avant. »
L’élection présidentielle est dans quatre mois. La plupart des gens s’attendaient à ce que les émeutes poussent les électeurs vers les extrêmes. Les sondages placent Marine Le Pen en tête, elle qu’un homme a décrite comme la cheffe d’un parti « raciste, xénophobe, islamophobe ». Un autre homme a balayé les sondages du revers de la main : « des faux chiffres ».
Rebel News a envoyé Alexa en France à la dernière minute pour rapporter l’autre côté de l’histoire. Si vous le pouvez, contribuez à FranceOnFire.com.
Alexandra Lavoie
Quebec based Journalist
Alexa graduated with a degree in biology from Laval University. Throughout her many travels, she has seen political instability as well as corruption. While she witnessed social disorder on a daily basis, she has always been a defender of society’s most vulnerable. She’s been around the world several times, and now joins Rebel News to shed light on today’s biggest stories.