« Un monopole, c’est une catastrophe » Karim Elayoubi veut reformer la santé québécoise
Au congrès du Parti conservateur du Québec, Karim Elayoubi lance des réformes choc : fin de la planification centrale, virage massif vers le privé payé par la RAMQ et renforcement de la loi P-38 pour la sécurité publique. « Les modèles qui fonctionnent le mieux sur la planète, c’est ceux où il y a concurrence entre privé et public », martèle le porte-parole en santé, prêt à briser le tabou du « tout public ».
Au Congrès du Parti conservateur du Québec, tenu au Manoir du Lac Delage à Québec, les délégués ont débattu et adopté plusieurs propositions ambitieuses en matière de santé. Dans un entretien accordé sur place, Karim Elayoubi, porte-parole du parti en santé, a détaillé les principales mesures retenues.
Parmi elles, le renforcement de la loi P-38 (régime de protection des personnes souffrant de troubles mentaux graves). « On veut renforcer la loi P-38. Ça, c’est assez important parce qu’on voit qu’on veut une crise de santé mentale et que, malheureusement, on a quand même des délais qui sont importants pour avoir des ordonnances de cours pour pouvoir traiter les gens qui ont besoin d’être traités », explique-t-il. Il précise que cette mesure vise notamment « les patients en psychose qui ont une déconnexion avec la réalité ».
« Ce n’est pas une question d’emprisonner les gens, ce n’est pas du tout ça, mais c’est de pouvoir les soigner, d’avoir un délai suffisant pour les soigner et faire en sorte qu’ils ne soient pas un danger pour le public, parce que la psychose, c’est une maladie qui peut être à la fois dangereuse pour soi-même et pour les autres. »
Autre proposition phare : favoriser les partenariats publics-privés en santé mentale spécialisée. « On veut favoriser l’émergence des partenariats privés-publics en matière de santé mentale spécialisée », indique Karim Elayoubi. Ces centres regrouperaient « des psychologues, des travailleurs sociaux, des psychiatres, des médecins de première ligne, des superbes infirmières en santé mentale », majoritairement financés par la carte RAMQ, mais avec des infrastructures privées.
« Plus on est spécialisé dans un secteur, on envoie les patients en santé mentale dans des mégas hôpitaux généraux où est-ce qu’ils n’ont pas nécessairement l’attention qu’ils devraient et où est-ce que c’est souvent inadéquat pour leur suivi. » Il cite en exemple les modèles allemands performants.
Le parti propose également d’abolir progressivement la planification centrale des effectifs médicaux.
« Le gouvernement décide où est-ce que les médecins vont ou est-ce qu’ils vont pas. C’est une fausse bonne idée », tranche-t-il. Selon lui, cette approche « crée des pénuries d’effectifs dans des endroits où est-ce qu’ils devraient en avoir ». Il compare favorablement d’autres provinces canadiennes où les délais sont souvent plus courts sans planification centralisée.
Enfin, le PCQ veut permettre l’accès au privé lorsque les délais publics deviennent déraisonnables, le tout payé par la RAMQ. « Quand les délais sont déraisonnables, on puisse payer avec la carte de RAMQ comme ce qui se passe un peu partout, exemple le modèle suédois », plaide-t-il. Il critique l’actuel rôle de la RAMQ : « C’est un assureur qui ne remplit pas son rôle. »
À ceux qui rejettent toute implication du privé, il répond : « Un monopole, que ce soit public ou privé, c’est une catastrophe. Les modèles qui fonctionnent le mieux sur la planète en termes d’accessibilité des soins, c’est de loin des modèles où est-ce qu’il y a une concurrence entre le réseau privé et le réseau public. »
Karim Elayoubi conclut avec pragmatisme : « Est-ce que demain matin on va être dans le top trois des plus performants sur la planète ? La réponse, c’est non, mais il faut commencer quelque part. Puis si je n’avais pas espoir, je ne serais pas ici à vous parler aujourd’hui. »
Alexandra Lavoie
Quebec based Journalist
Alexa graduated with a degree in biology from Laval University. Throughout her many travels, she has seen political instability as well as corruption. While she witnessed social disorder on a daily basis, she has always been a defender of society’s most vulnerable. She’s been around the world several times, and now joins Rebel News to shed light on today’s biggest stories.