La controversée Loi 96 sur la langue est 'destructrice' et 'punitive', selon des manifestants
Adoptée par le gouvernement de la CAQ dirigé par François Legault, la loi vise à renforcer l’usage du français au Québec — mais ses détracteurs estiment qu’elle impose un prix beaucoup trop élevé.
J’étais récemment sur le terrain à la place Dorchester, où de nombreux Québécois se sont rassemblés pour protester contre la loi linguistique controversée de la province, la Loi 96. Adoptée par le gouvernement de la CAQ de François Legault, cette loi vise à promouvoir l’usage du français au Québec — mais selon ses opposants, elle le fait au détriment des droits fondamentaux.
Les manifestants sont particulièrement outrés par l’amende de 30 millions de dollars récemment imposée au Collège LaSalle pour avoir inscrit trop d’étudiants dans ses programmes en anglais au cours des deux dernières années scolaires. « C’est un montant que le collège ne pourra tout simplement pas payer », a affirmé un manifestant. « Ils avaient déjà accepté un certain nombre d’étudiants internationaux… le gouvernement ne leur a pas laissé assez de temps pour se conformer à la loi. »
Un autre manifestant a déclaré : « Nous sommes tous ici aujourd’hui parce que le gouvernement de la CAQ adopte maintenant des lois qui semblent conçues pour détruire les institutions bilingues… en invoquant ouvertement la clause dérogatoire pour imposer des mesures qui violent les normes canadiennes et internationales en matière de droits de la personne. »
Pour plusieurs, la Loi 96 dépasse largement la question linguistique. « Elle ne fait rien de bon. Elle ne fait pas la promotion du français », a dit un intervenant. « Elle ne fait que punir l’anglais. » Un autre a ajouté : « On paie tous les mêmes taxes, mais on n’a pas tous les mêmes droits… il ne devrait pas y avoir de discrimination. »
Les critiques dénoncent également une manœuvre politique : « Je pense qu’il (François Legault) voulait créer une diversion… comme le fait Donald Trump », a estimé un participant, accusant Legault de chercher à diviser pour marquer des points politiques.
La remarque la plus cinglante est peut-être venue d’un observateur aguerri : « Les inspecteurs de la police linguistique… peuvent saisir votre téléphone, vos ordinateurs — sans mandat. C’est scandaleux. »
Alors que les chants de « Hé hé, ho ho, la Loi 96, il faut qu’elle parte ! » résonnaient sur la place, les manifestants ont juré de poursuivre la lutte contre ce qu’ils considèrent comme une attaque contre la diversité du Québec — et non une défense de son identité.
Alexandra Lavoie
Quebec based Journalist
Alexa graduated with a degree in biology from Laval University. Throughout her many travels, she has seen political instability as well as corruption. While she witnessed social disorder on a daily basis, she has always been a defender of society’s most vulnerable. She’s been around the world several times, and now joins Rebel News to shed light on today’s biggest stories.