Un ex-policier témoigne du trafic de tabac et de drogues
Les criminels deviennent « plus raffinés dans leurs méthodes », prévient l’ancien enquêteur de la police du Québec, Danny Fournier. « Tabac, cocaïne, drogues — parfois même des êtres humains. La marchandise n’a pas d’importance. »
Au Westin Hotel, Danny Fournier, ex-enquêteur de la Sûreté du Québec, décrit un paysage criminel transformé. Après des décennies à lutter contre le crime organisé et à diriger les opérations anti-contrebande du Québec dans le cadre du programme Accès, Fournier est aujourd’hui directeur principal de la prévention du commerce illicite chez Rothmans, Benson & Hedges Canada — et l’un des premiers au pays à avoir mis sur pied un programme de surveillance en ligne visant les ventes illicites.
« Depuis 2022, on observe une résurgence des opérations illicites — mais en ligne », prévient-il. Ce qui relevait autrefois de la contrebande physique, sur le terrain, s’est déplacé vers le web ouvert. « Pas besoin d’aller sur le deep web ou le dark web, » dit Fournier. « Sur Internet ouvert, on peut trouver à peu près n’importe quelle substance — tabac de contrebande, drogues, armes à feu. »
Il voit ce virage comme la conséquence directe de criminels devenus « plus raffinés dans leurs méthodes », tandis que les forces de l’ordre peinent à suivre. Son équipe intervient pour combler des lacunes majeures : « Nous complétons le travail des services policiers lorsqu’il y a des pénuries de ressources, » explique-t-il. Quand des machines destinées à la fabrication de cigarettes sont interceptées à la frontière, « c’est nous qui les inspectons, les identifions et rédigeons le rapport permettant leur saisie. »
La formation est également devenue essentielle. « Cette expertise s’était perdue, » constate Fournier. « L’an dernier, nous avons formé plus de 2 000 policiers à travers le Canada. »
Mais malgré ces avancées, le terrain reste loin d’être égal.
Dans des provinces comme l’Ontario, souligne-t-il, « le marché illicite représente environ 50 % de toutes les cigarettes. » À cela s’ajoute la réalité politique délicate des interventions sur les réserves autochtones : « Comme société, on choisit de ne pas intervenir physiquement sur certains territoires… C’est un choix politique. »
Résultat : une application inégale de la loi à travers le pays.
Le crime organisé, rappelle Fournier, se moque de la nature de la marchandise : « Tabac, cocaïne, drogues — parfois même des êtres humains. La marchandise n’a pas d’importance. »
Son message est clair : « La police doit se concentrer sur les crimes graves. Des partenaires comme nous peuvent s’occuper du reste. »
Alexandra Lavoie
Quebec based Journalist
Alexa graduated with a degree in biology from Laval University. Throughout her many travels, she has seen political instability as well as corruption. While she witnessed social disorder on a daily basis, she has always been a defender of society’s most vulnerable. She’s been around the world several times, and now joins Rebel News to shed light on today’s biggest stories.