Voici la vérité sur le manifeste du tireur de Montréal
Un manifeste de 104 pages attribué au tireur de Montréal révèle une idéologie qui allait bien au-delà du simple phénomène « incel ». Le document mêle misogynie, anticapitalisme révolutionnaire, théories du complot antisémites et appels explicites à recruter des hommes isolés afin de les entraîner vers la violence politique.
Le 22 juin, Montréal a été le théâtre d’une attaque d’une extrême gravité.
Âgé de 25 ans, Seth Scott Hatfield s’est déplacé depuis Lethbridge, en Alberta, jusqu’à Montréal, où il a loué une chambre à l’hôtel Hilton de Côte-des-Neiges, à proximité du quartier du Triangle — un secteur comptant une importante population juive et où se trouvent également les bureaux d’Aylo, la société propriétaire de Pornhub.
Ce choix d’emplacement pourrait être significatif. Dans le manifeste qui lui est attribué, les entreprises de pornographie ainsi que les prétendues « élites sionistes » sont désignées comme des cibles potentielles. La police n’a toujours pas confirmé publiquement le mobile de l’attaque, mais le contenu du document et le lieu choisi soulèvent d’importantes questions quant au caractère délibéré de cette sélection.
Selon la chronologie connue des événements, un résident a signalé un homme armé d’une arme d’épaule. Les policiers sont intervenus en quelques minutes et Hatfield aurait alors ouvert le feu. Le constable Mohamed Lamine Benredouane a perdu la vie dans l’exercice de ses fonctions, une policière a été grièvement blessée et le civil Michel Mizrahi a également été tué. Hatfield est mort lors de l’intervention policière.
Nous offrons nos plus sincères condoléances aux familles, aux proches et aux collègues des victimes.
Mais une autre histoire a émergé après l’attentat. Le manifeste aurait été transmis uniquement à un nombre restreint de médias traditionnels. CBC l’aurait reçu, TVA semble également l’avoir obtenu, mais Rebel News ne figurait pas parmi les destinataires. Nous avons néanmoins réussi à obtenir une copie indépendamment et l’avons analysée dans son intégralité.
Une grande partie des médias a résumé l’idéologie de Hatfield à une seule étiquette : « incel ». Certes, la misogynie et l’obsession du rejet amoureux sont omniprésentes dans le texte. Mais le manifeste va beaucoup plus loin. Il est imprégné de théorie politique révolutionnaire, de rhétorique anticapitaliste, de théories du complot antisémites et d’appels à la violence politique.
Hatfield invoque à de nombreuses reprises la lutte des classes marxiste et recommande l’étude de penseurs comme Marx, Lénine, Staline et Mao. Il écrit notamment au sujet de « l’influence des Juifs sionistes sur la bourgeoisie occidentale » et fait référence à une « classe judéo-bourgeoise », fusionnant ainsi le vocabulaire révolutionnaire communiste avec des théories complotistes antisémites.
Il redéfinit ensuite la société comme un affrontement entre les « hommes favorisés » et les « hommes dépossédés », présentant ces derniers comme une nouvelle classe révolutionnaire opprimée. Parmi les ennemis qu’il désigne figurent les banquiers, les politiciens, les entreprises de pornographie, les promoteurs immobiliers, les sociétés d’investissement, les policiers, les dirigeants d’entreprises, les « sionistes » et même les influenceurs de type « alpha male ».
Il ne s’agit donc pas uniquement d’un manifeste antifemmes. Le document s’apparente plutôt à un texte de recrutement destiné à radicaliser des hommes isolés, à les rendre sympathiques à sa cause et à les mobiliser contre les institutions qu’il rend responsables de leurs échecs.
Hatfield propose finalement l’abolition de la propriété privée, la nationalisation de l’économie et la mise en place d’un État autoritaire chargé de détruire l’ordre bourgeois.
Réduire ce document à un simple « manifeste d’incel » occulte une partie essentielle de son contenu idéologique : il s’agit d’un texte révolutionnaire, anticapitaliste, antisémite et appelant ouvertement à la violence.
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Alexandra Lavoie
Quebec based Journalist
Alexa graduated with a degree in biology from Laval University. Throughout her many travels, she has seen political instability as well as corruption. While she witnessed social disorder on a daily basis, she has always been a defender of society’s most vulnerable. She’s been around the world several times, and now joins Rebel News to shed light on today’s biggest stories.