« You f*ing Jew » : un restaurant de Montréal ciblé par des graffitis antisémites
Une restauratrice montréalaise affirme avoir été choquée de découvrir que son commerce avait été la cible de graffitis antisémites — une première en plus de trois décennies d’activité sur le boulevard Saint-Laurent.
Le matin du 4 février, Ilene Polansky, propriétaire du restaurant de fruits de mer Maestro, est arrivée pour ouvrir son établissement comme elle le fait depuis 34 ans. À la place, elle a découvert un graffiti haineux peint à la bombe sur la vitrine.
« Je suis arrivée vers quatre heures et j’ai vu une écriture violette sur la fenêtre », se souvient Polansky. « Je suis sortie pour regarder, et c’était là — “You F***ing Jew”, avec une étoile de David. »
Le message a profondément bouleversé la restauratrice.
« On se demande comment quelqu’un peut faire une chose pareille », dit-elle. « Personne ne mérite de se faire traiter comme ça. »
Polansky a signalé l’incident au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), qui a confirmé l’ouverture d’une enquête pour crime haineux. Toutefois, le dossier a depuis été fermé faute de preuves.
« Rien n’a vraiment été fait parce que les caméras ne fonctionnaient pas », explique-t-elle. « Ils n’ont pas pu retracer quelqu’un qui serait venu écrire sur la vitrine. »
La fermeture de l’enquête est d’autant plus préoccupante, souligne-t-elle, que des panneaux indiquent sur le boulevard Saint-Laurent que le secteur est sous surveillance vidéo. Or, il semblerait qu’aucune caméra n’était fonctionnelle au moment des faits.
« Je suis vraiment surprise », dit Polansky. « Il y a tellement de bars et de clubs ici, et à trois heures du matin c’est un endroit très animé. Les caméras devraient fonctionner — il faut absolument réparer ça. »
Si elle affirme ne pas avoir peur, Polansky reconnaît que de nombreux membres de la communauté juive s’inquiètent face à la hausse des incidents antisémites au Canada.
« Il y a toujours une inquiétude », dit-elle. « L’antisémitisme existe depuis très longtemps. Certaines personnes ont maintenant peur de porter une étoile de David autour du cou. »
Malgré cet incident, Polansky assure que sa décision de fermer Maestro plus tard ce mois-ci est simplement une question de timing.
« J’approche des 65 ans », explique-t-elle. « Je ne me vois pas faire ça encore dix ans. »
Après plus de trois décennies dans le quartier, elle affirme toutefois que son restaurant est devenu une véritable institution locale.
« Les gens connaissent Maestro », dit-elle. « Ce restaurant a toujours attiré du monde dans ce secteur. »
Alexandra Lavoie
Quebec based Journalist
Alexa graduated with a degree in biology from Laval University. Throughout her many travels, she has seen political instability as well as corruption. While she witnessed social disorder on a daily basis, she has always been a defender of society’s most vulnerable. She’s been around the world several times, and now joins Rebel News to shed light on today’s biggest stories.